Mes histoires de théâtre...
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Depuis quelques années je fais (aussi) du théâtre…
Il faut bien garder à l'esprit que ce n'est que du théâtre amateur, avec tout ce que cela implique.
Laurent Trimboli, notre metteur en scène, est également l’auteur des deux pièces dans lesquelles j'ai eu le bonheur de jouer jusqu'ici… à l’heure où j’écris ces lignes il en est à sa deuxième, mais dans le monde du théâtre il n'a pas encore la notoriété qu'il mérite. Je ne doute pas un instant que cela viendra, mais pour l'heure, au-delà du clocher de Jouques (mon village d’adoption) il est surtout connu en tant que DJ, chanteur, comique de one-man-shows et animateur de soirées... genres dans lesquels il s’illustre d’ailleurs très brillamment. Nous sommes donc loin de l'univers du théâtre tel qu'on peut le connaître par ailleurs (…ou plutôt de l’idée qu’on s’en fait). En revanche, pour tous les gens du village, c'est LE monsieur du théâtre.
Il faut préciser qu'il a assuré pendant plusieurs années l'animation de plusieurs groupes d'adultes, mais aussi d'enfants désireux de s'initier aux joies de l'art de brûler les planches pas loin de chez soi. Ma fille Alice a fait partie de l'un de ces groupes il y a quelques années, et aujourd'hui elle est lycéenne en seconde "théâtre", comme par hasard... |
Je suis très heureux de participer à cette aventure, qui est un extraordinaire bonheur pour moi. Notre troupe se produit environ une fois par an dans le village (et parfois dans ses environs immédiats), à chaque fois le public est averti par la feuille locale, et la salle polyvalente est pleine à craquer. Il y a une vingtaine d’années, à l'époque de mon arrivée dans le village, je faisais partie du public, de cette salle, donc. Les acteurs avaient l’habitude d’y donner des reprises du répertoire dit de boulevard, et même si ce genre n'est pas forcément ma tasse de thé j'adorais aller voir l'électricien et la factrice de mon village se démener et faire leurs intéressants sur scène, avec d'autres personnes du cru. Cette magie à elle seule valait le déplacement. Bien entendu, cela faussait mon jugement et mon enthousiasme (je ne saurais jamais ce que j'aurais ressenti face à d'autres acteurs – totalement inconnus de moi – sur ces mêmes textes…). |
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A l'amitié, l'amour, la joie |
Au bout de quelques années, on n'a même proposé de faire partie de la troupe, et j'ai eu la chance d'y entrer en 2005, juste au moment où le metteur en scène s'était mis en tête de passer à l’écriture de sa première pièce, tout seul comme un grand... Cela s'appelait "A l'amitié, l'amour; la joie", et mon premier rôle était celui d'un... mauvais acteur ! La pièce racontait en effet l'histoire d'une joyeuse bande de huit copains, anciens soixante-huitards sur le retour, qui se retrouvait tous les ans pour fêter leur amitié. Parmi eux, un type était devenu… acteur, mais dans le genre acteur maudit, limite grotesque, vivotant tant bien que mal entre deux publicités radiophoniques et une animation de supermarché... un petit rôle qui me convenait à ravir. Fastoche, s'il ne s'agit que de faire le "mauvais acteur", personne ne ferait la part des choses entre d'une part ce que je faisais "exprès", et d'autre part mes véritables maladresses de débutant ! |
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Enfin seul |
Par la suite, la troupe est repartie sur ses boulevarderies d'origine, et là j'ai pris le large, car je trouvais ça vraiment dommage... je me sentais un peu comme un auteur compositeur interprète obligé d'arrêter de créer ses propres musiques pour ne jouer plus que des "reprises"...
Et puis en 2008 le miracle a eu lieu : Laurent (notre metteur en scène) m'a annoncé qu'il avait écrit une nouvelle pièce, et il m’a demandé de revenir jouer avec la troupe.
Je me suis empressé d’accepter... autant le système des reprises me désolait, parce qu'à mes yeux les talents de Laurent y étaient sous-employés (j'adore son écriture, très drôle et très efficace à mes yeux.), autant pour une création j'aurais très volontiers accepté de faire n'importe quoi... de la figuration, voire même jouer les utilités.
Et voilà. Depuis bientôt deux ans nous répétons cette pièce. Cela s'appelle "Enfin Seul", c'est l'histoire d'un écrivain qui rêve d'être seul le temps d'un weekend, et qui ne le restera pas plus de trois minutes...
Devinez à qui a pensé Laurent pour le rôle principal ? Bingo, à moi ! Tu parles d'une figuration... |
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| Participer à cette aventure est pour moi un régal, comme je l'ai déjà dit. En revanche, pour le public, je n'en ai pas la moindre idée... et je ne sais pas du tout "ce que ça vaut vraiment". A tort ou à raison j'imagine que les gens de notre village (qui forment l’essentiel de notre public) sont un peu comme moi quand je venais au début applaudir mes presque voisins une fois par an. Je faisais partie d'un public archi-local, et donc fatalement acquis d'avance...
Mais que voulez-vous ? Je m'amuse comme un fou quand je retrouve mes petits camarades. Je ne peux pas faire autrement. Un cadeau pareil, ça ne se refuse pas, surtout lorsqu'en prime il vient de personnes au cœur gros comme ça ! |
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| Dernière minute : la troupe a maintenant une groupie : elle est tout simplement adorable, s'appelle Magalie (oui, avec un e), elle n'a pas 30 ans, et elle se définit elle-même comme "serveuse et programmatrice de soirées en restauration
chargée de communication artistique". Elle a créé pour nous l'affiche de la pièce "Enfin Seul", ainsi qu'un blog consacré aux activités de notre compagnie. C'est-y pas mimine, tout ça ? |
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